Je suis sujet à l'impression que le temps m'est compté et que ma mémoire n'est pas encore pleine de choses vues ou que j'aimerais voir. Je veux naviguer pour mon plaisir. Je fais confiance à ce voyage pour qu'il me conduise dans le tourbillon émotionnel du Monde. Pour moi voyager c'est accepter de passer du temps, et de rentrer dans le décor à pas comptés. Savoir apprécier une conversation lente, coupée de long silences. Essayer de traduire les codes locaux... enfin bref le contraire du voyageur en cravatte et bonnet de bain qui part le lundi matin pour 10 jours "vol, pension complète" pour les Maldives ou la République Dominicaine, et qui au retour raccompte "c'était bien, mais mon robinet fuyait" le véritable empoisonnement du voyageur c'est la plomberie !! On ne prend plus le temps de comprendre l'autre. Rien ne compte que la cure de soleil.
Je veux voyager et vivre au rythme du pays. Etre confronté à la lecture du menu dans la langue locale, ne pas passer pour un indécis, faire mon choix le doigt mouillé sur le plat du jour et tant pis si le cuistot pense que le locale que je suis n'est pas causant. Je ne veux pas voyager pour être un témoin, je n'ai aucune qualité à faire valoir pour être un témoin. Je ne suis pas un consièrge de rumeurs et de commérages, la Samaritaine du témoignage. La télé et internet ont des réserves immenses. Des témoignages en osier, justement j'en ai rentré hier, il m'en reste deux palettes.
C'est toujours comme cela que j'ai vécu le voyage. Je voyage pour se qui est digne de l'absolu. Les paysages, les endroits, les villes traversées ne figures pas pour autant dans mon herbier, je ne garde rien de matériel de mes passages, seulement le rire des gens que je rencontre.
Je recherche le besoin de ce dénuement moral que rencontre le voyageur. LE PLAISIR














